C’est un séisme. Il y a des jours qui marquent l’histoire du jeu vidéo, et le mardi 13 janvier 2026 restera gravé comme le moment où l’arlésienne est enfin devenue réalité. On a fini par croire que ce jour n’arriverait jamais, que le projet finirait dans les limbes des « vaporware » aux côtés de Half-Life 3. Et pourtant, Hytale est là.
Depuis hier soir, la sphère gaming est en ébullition. Ce n’est pas juste une sortie, c’est une libération pour une communauté qui retient son souffle depuis 2018. Le concurrent tant attendu de Minecraft a ouvert ses portes en accès anticipé et la réponse des joueurs a été aussi brutale qu’immédiate. Oubliez les lancements timides : Hypixel Studios a tout simplement cassé internet.
Une domination totale : Hytale écrase la concurrence sur Twitch
Si vous avez ouvert Twitch hier soir vers 20 h, vous avez vu la vague déferler. Les chiffres donnent le tournis pour un titre qui, rappelons-le, est techniquement un jeu indépendant en accès anticipé. Hytale a culminé à plus de 420 000 spectateurs simultanés, s’emparant instantanément de la couronne de la catégorie la plus regardée au monde.
Pour vous donner une idée de l’ampleur du phénomène, la catégorie « Hytale » comptait déjà 20 000 curieux… avant même que les serveurs ne soient ouverts. Les gens regardaient des écrans de chargement en attendant le graal. Une fois le top départ donné, la courbe a grimpé à la verticale.
À titre de comparaison, le mastodonte du moment, ARC Raiders, qui dominait les débats ces dernières semaines, s’est retrouvé relégué au second plan. Même à l’heure où j’écris ces lignes, au lendemain de la tempête, l’engouement ne retombe pas. La curiosité est trop forte : est-ce que ce jeu, qui promet de mélanger la liberté créative d’un Minecraft avec la profondeur d’un RPG d’aventure, tient vraiment ses promesses ? Les chiffres hurlent un grand « OUI ».
De l’annulation au triomphe : le miracle du studio Hypixel
Ce succès a une saveur de revanche incroyable. Pour comprendre l’émotion des fans, il faut rembobiner la cassette. L’histoire d’Hytale aurait pu être tragique.
Tout commence en 2018 avec ce trailer légendaire (62 millions de vues !) qui promettait la lune. Le monde s’emballe. Puis, c’est la douche froide. Le rachat par le géant Riot Games en 2020 laissait présager le meilleur, mais la machine s’est enrayée. Le développement s’enlise, la communication devient cryptique.
Le coup de grâce ? Juin 2025. Riot Games annule purement et simplement le projet. Le rêve était mort. Enterré.
C’était sans compter sur la résilience folle de ses créateurs originaux. En novembre dernier, Simon Collins-Laflamme, le papa du serveur Hypixel et visionnaire derrière le projet, a réalisé l’impensable : il a racheté son « bébé » et les droits de la licence. Il a sauvé le jeu des eaux. Voir Hytale jouable aujourd’hui, à peine quelques mois après ce sauvetage in extremis, tient du miracle. C’est cette histoire de résurrection qui a poussé des centaines de milliers de joueurs à soutenir le lancement hier.
Une liberté totale : place aux créateurs de serveurs
L’ADN d’Hytale, hérité de ses créateurs (qui géraient le plus gros serveur Minecraft au monde), c’est le multijoueur et la modification. Le jeu a été pensé dès la première ligne de code pour donner le pouvoir aux joueurs.
Au-delà du mode aventure qui passionne les foules, c’est l’ouverture des outils de création qui excite la communauté. Le jeu offre une liberté technique incroyable pour lancer des instances personnalisées, modifier les règles, les scripts ou même les modèles 3D en temps réel. C’est le moment idéal pour se lancer dans la création ou rejoindre des serveurs Hytale afin de vivre une expérience multijoueur sur mesure, qu’il s’agisse de Roleplay, de mini-jeux ou de survie hardcore. La porte est ouverte à toutes les folies créatives.
20 euros, pas de Steam et une transparence totale
Là où beaucoup de studios auraient profité de la « Hype » pour vendre un pack fondateur à 70 euros, l’équipe d’Hypixel a joué la carte de l’honnêteté brutale et du respect des joueurs.
Pour jouer à Hytale aujourd’hui, il ne faut pas aller sur Steam. Le jeu est disponible uniquement via le site officiel, une stratégie assumée pour éviter le « review bombing » (les avalanches d’avis négatifs injustifiés) souvent lié aux bugs inhérents à un accès anticipé.
Le ticket d’entrée ? 20 euros. Un prix volontairement bas. Simon Collins-Laflamme l’a justifié avec une humilité qui fait du bien : « Faire payer plus cher ne nous semblait pas juste à ce stade ». Les développeurs ne cessent de le répéter : le jeu est en « très early access ». Il manque des fonctionnalités, il y a des bugs, mais le cœur est là.
L’avenir est assuré : Hypixel a les reins solides pour 10 ans
On pourrait craindre que ce lancement précipité ne soit qu’un « cash grab » pour renflouer les caisses d’un studio indépendant fraîchement reformé. Il n’en est rien.
Les nouvelles tombées hier sur X (anciennement Twitter) sont rassurantes. Grâce au volume colossal de précommandes enregistrées avant même l’ouverture des serveurs, le financement du développement est sécurisé pour les deux prochaines années. L’équipe, qui compte désormais plus de 50 vétérans (dont beaucoup sont revenus après le départ de Riot), peut travailler sereinement.
Mieux encore, le fondateur a fait une promesse solennelle : il garantit dix années de soutien au projet, peu importe le succès commercial immédiat. « Hytale est sauvé. Nous sommes presque arrivés à la maison », déclarait-il hier. Aujourd’hui, la maison est construite, et les joueurs sont enfin rentrés.
